Auguste Renoir

Camille Claudel, Auguste Renoir

Histoires de familles

Les Claudel et les Renoir ont chacun résidé en Champagne, les premiers à Nogent-sur-Seine, les seconds à Essoyes. La sculptrice y a façonné ses premières oeuvres, le peintre y a composé quelques-unes de ses plus belles toiles. Leurs communes d’adoption leur rendent aujourd’hui hommage.

Camille Claudel n’est pas native de Nogent-sur-Seine, mais d’aucuns affirment qu’elle y est « née artistiquement » et qu’elle y a vécu les années les plus heureuses de sa vie. Ce fut entre 1876 et 1879, à Nogent-sur-Seine, où son père conservateur des hypothèques, autrement dit fonctionnaire des impôts, avait été nommé.

Camille a 11 ans et son don pour le modelage n’échappe pas au sculpteur nogentais Alfred Boucher, qui la prend sous son aile et l’encourage à poursuivre ses études à Paris. Ce sera chose faite en 1882, d’abord sous la houlette de son mentor, puis très vite sous la férule de celui qui va devenir son amant, Auguste Rodin. Il est son maître, elle est sa maîtresse.

Hélas, l’existence de la géniale et belle jeune femme prend un tour tragique, comme le rappellera en 1988 sa poignante biographie filmée, où une Isabelle Adjani habitée incarne cette artiste tourmentée qui passera les trente dernières années de sa vie enfermée dans un asile psychiatrique, où elle mourra abandonnée de tous, y compris de son poète de frère, le célèbre Paul Claudel.
Tirée de l’oubli par son évocation sur le grand écran, Camille Claudel jouit aujourd’hui de l’estime du grand public et de la reconnaissance des critiques, qui s’accordent à voir en elle une figure majeure de son art et de son temps.

Infos pratiques :

Office de Tourisme du Nogentais et de la Valléede la Seine
10400 Nogent sur Seine
Tél. : (0)3 25 39 42 07
www.tourisme-nogentais.fr

Musée Camille Claudel
10400 Nogent sur Seine
Tél. : (0)3 25 24 77 15
www.museecamilleclaudel.com

Du Côté des Renoir
10360 Essoyes
Tél. : (0)3 25 29 10 94
www.renoir-essoyes.f

De Gaulle, Napoléon, le Grand Condé

Trois grands en campagne

Deux des plus grands hommes de l’Histoire de France ont tissé des liens étroits avec La Champagne : l’empereur Napoléon 1er a été formé à Brienne-le-Château avant d’y remporter une bataille. Le Général de Gaulle possédait une résidence à Colombey-les-Deux-Eglises, où il est enterré. Un autre personnage fameux, le duc d’Enghien, deviendra le Grand Condé après avoir vaincu les Espagnols à Rocroi dans les Ardennes.

« Je suis plus champenois que corse », confiera Napoléon durant son exil à Sainte-Hélène. Pour ma pensée, Brienne est ma patrie, c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme. » Au seuil de la mort, l’empereur déchu se retourne avec nostalgie sur sa jeunesse et son glorieux passé.
Car Brienne-le-Château, constitue une étape cruciale dans la vie et la carrière du général. C’est un enfant de 9 ans qui intègre les rangs de l’école royale militaire où il est admis comme boursier. Le petit insulaire au français approximatif, d’abord raillé par ses camarades, finit par s’imposer comme leur chef. L’épisode de la bataille de boules de neige, qui voit le jeune garçon diriger la manoeuvre dans les deux camps, a contribué à sa légende.
A l’école, les conditions de vie sont spartiates. Bonaparte se révèle un travailleur acharné et un élève brillant durant ses cinq années de quasi-réclusion. Pressent-il à sa sortie en 1784 qu’il n’en a pas fini avec cette ville où il a accompli ses humanités et forgé son caractère ?
C’est en héros qu’en 1805 Napoléon revient dormir au château de Brienne-le-Château sur la route qui le conduit à Milan pour être couronné roi d’Italie. Et comme l’histoire semble vouloir le ramener à toutes forces sur les lieux de son apprentissage, c’est encore à Brienne-le-Château que l’empereur défait les troupes prussiennes, le 29 janvier 1814, lors de la campagne de France.
Le château, dont il fit alors son QG, existe toujours, de même qu’une partie de l’ancienne école militaire, transformée en musée à la gloire de son plus illustre pensionnaire. En cours de rénovation, le musée Napoléon renferme de nombreux documents et objets précieux pour la compréhension de cette
époque, parmi lesquels figure le dossier d’entrée du petit Napoléon rempli par son père. Une statue le représentant en costume de l’école militaire trône face à l’hôtel de ville, qui fut édifié grâce à un legs de l’enfant prodige.

Bataille reconstituée

D’une bataille, d’une époque, d’un musée et d’un personnage célèbre l’autre : c’est à Rocroi (ou Rocroy, selon les orthographes), en Ardenne, que le duc d’Enghien écrivit une page importante de l’histoire de France et de son histoire personnelle.
Le 19 mai 1643, en pleine guerre de Trente ans, l’armée française (dite de Picardie) vainc l’armée espagnole (dite des Flandres) grâce à l’audace et au sens tactique d’un jeune homme de 21 ans, Louis de Bourbon. Le duc d’Enghien hérite après cette victoire le surnom de Grand Condé, en raison de
son appartenance à la famille des Condé. Une stèle a été érigée sur l’ancien champ de bataille, mais, surtout, un musée retrace l’épopée du duc d’Enghien à Rocroi, ville également renommée pour ses fortifications en forme d’étoile. Installé dans un ancien corps de garde du XVIIéme siècle, le musée abrite en particulier une fascinante reconstitution de la bataille au moyen de 2 200 figurines en plomb. Un plan-relief de la ville et un film
retraçant la bataille complètent la présentation.

De Gaulle à Colombey : un homme fait corps avec son village

Un village entre tous incarne la symbiose entre un homme et un pays : c’est Colombey-les-Deux-Eglises. Dès 1934, Charles de Gaulle vient se ressourcer loin du tumulte parisien dans la maison de campagne qu’il a acquise. Cette demeure connue sous le nom de La Boisserie appartient toujours à la famille de l’ancien chef d’Etat et peut être visitée. On y découvrira le bureau où le Général écrivit ses Mémoires.
Si fortement attaché à sa terre haut-marnaise, le plus célèbre Français du XXe siècle a choisi de reposer pour l’éternité dans l’humble cimetière
de Colombey-les-Deux-Eglises. Une foule d’anonymes et de célébrités s’y presse chaque année depuis 1970 pour rendre hommage à l’homme du « 18-Juin ».
La commune est devenue un haut lieu de pèlerinage gaulliste, avec l’érection deux ans après la mort de l’ancien président de la République d’une monumentale Croix de Lorraine, haute de 44 mètres, en granitrose.
Cet emblème de la France libre et de la Résistance sert chaque été de support à un grand son et lumière. Le Mémorial Charles de Gaulle retrace la
vie intense et riche du « Grand Charles » sous un slogan qui résume bien son ambition : « L’empreinte de l’homme, l’histoire des Français. »

Infos pratiques :

Office de Tourisme de Brienne-le-Château
10500 Brienne-le-Château
Tél. : (0)3 25 92 82 41
www.ot-brienne-le-chateau.com

Office de Tourisme de Rocroi
08230 Rocroi
Tél. : (0)3 24 54 20 06
www.otrocroi.com

Mémorial Charles de Gaulle
52330 Colombey-les-Deux-Eglises
Tél. : (0)3 25 30 90 80
www.memorialcharlesdegaulle.fr

Diderot

Voltaire et Diderot, Rimbaud et Verlaine

Des Lumières aux enfers

Denis Diderot et Arthur Rimbaud sont nés dans la région. François-Marie Arouet, dit Voltaire, et Paul Verlaine y ont résidé. Mais ces hommes, à leurs époques respectives, partagent bien plus qu’une proximité géographique. On parlera plus volontiers de relations intellectuelles et affectives, à l’image des liens qui unissaient les deux poètes au XIXe siècle.

Arthur Rimbaud, Paul Verlaine. Ou peut-être Arthur Verlaine et Paul Rimbaud. Ou bien encore Arthur Rimlaine et Paul Verbaud ? Dans la mythologie poétique française, les vies et les oeuvres des deux hommes se confondent. C’est un couple littéraire mâtiné d’un couple d’amants maudits. Et comme
les histoires d’amour finissent mal en général, on connaît la chute : un Verlaine anéanti par l’annonce de la rupture tire sur un Rimbaud indomptable. Blessure superficielle pour le poète du Bateau ivre, prison pour l’auteur des Fêtes galantes. Rimbaud retrouve brièvement Verlaine à sa libération, mais leurs chemins divergent définitivement : l’adolescent génial abandonne l’écriture et embrasse une carrière d’aventurier ; le poète alcoolique
renoue avec les lettres et l’enseignement.

A un siècle et demi de distance, une route Rimbaud-Verlaine (ou aussi bien Verlaine-Rimbaud) relie à nouveau ces deux «troubles génies». Faisons halte quelques instants à Juniville, où une ancienne auberge sise face à la maison que louait Verlaine abrite le musée du même nom. Là, une collection
iconographique unique et des manuscrits originaux sont mis à la disposition du public, qui profitera aussi de la visite commentée et des animations proposées régulièrement.

Passant Rethel, où Verlaine enseigna le français, l’anglais et l’histoire, et Roche, où la mère de Rimbaud possédait une ferme dans laquelle il écrivit Une saison en enfer, remontons jusqu’à Charleville-Mézières, sa ville natale et lieu de sépulture. La capitale ardennaise a rendu hommage à son enfant terrible. La maison où il est né est toujours debout, un monument a été érigé à sa mémoire en 1901 dans le square de la gare,
la Maison des ailleurs retrace les errances du poète à travers le monde, et le musée Rimbaud installé dans un ancien moulin surplombant la Meuse.

Dans ce musée, la vie et l’oeuvre d’Arthur sont évoquées par le truchement de photos, de manuscrits et d’objets personnels, magnifiés par une scénographie résolument moderne qui convoque aussi plusieurs artistes de renom ayant célébré l’auteur des Illuminations : Picasso, Cocteau,
Giacometti...

Un château pour Voltaire, un musée pour Diderot

Se souvient-on qu’autrefois en France on embastillait les écrivains pour des écrits jugés séditieux par le pouvoir politique ? C’est pour échapper à la prison après la publication de ses Lettres philosophiques que Voltaire se réfugie à Cirey-sur-Blaise, dans le château de sa bonne amie la marquise du Châtelet.
Arrivé en 1734, le philosophe succombe tout en même temps aux charmes de son hôtesse, la belle Emilie qui est aussi une femme de tête, qu’à ceux de sa demeure, où il va entreprendre de grands travaux d’agrandissement et de restauration. Mais loin de négliger son oeuvre littéraire, l’auteur produit ici nombre d’écrits et va même jusqu’à faire construire un petit théâtre privé encore visible aujourd’hui. Voltaire quitte Cirey-sur-Blaise après la mort de sa bienaimée en 1749 et laisse derrière lui un magnifique château que l’on peut visiter.
À 80 km delà, un contemporain et proche de Voltaire voit le jour : il s’agit de Denis Diderot, natif de Langres. Le célèbre encyclopédiste associe lui aussi son nom à ce que l’on appellera le « siècle des Lumières », tant l’esprit de ces deux hommes et de quelques autres illumina la pensée de l’époque par sa brillance. La ville de Langres a choisi comme écrin un bel hôtel particulier datant des XVIe et XVIIIe siècles pour célébrer son enfant prodige. On y admirera en particulier des éditions originales de l’Encyclopédie et des principaux textes du romancier et dramaturge. Qui fut aussi un homme de sciences. C’est pourquoi la Maison des Lumières fait la part belle à la coutellerie langroise et au travail des imprimeurs, tandis qu’elle présente nombre d’instruments témoignant des progrès de la recherche au XVIIIe siècle. Un parcours dans la ville permet de découvrir tous les
lieux qui marquèrent la jeunesse de Diderot.

Infos pratiques :

Office de Tourisme de Charleville-Mézières/Sedan en Ardenne
Accueil de Charleville
08000 Charleville-Mézières
Tél. : (0)3 24 55 69 90
www.charleville-tourisme.com

Musée Verlaine
08310 Juniville
Tél. : (0)3 24 39 68 00
www.musee-verlaine.fr

Château de Cirey-sur-Blaise
52110 Cirey-sur-Blaise
Tél. : (0)3 25 55 43 04
www.chateaudecirey.com

Office de Tourisme du Pays de Langres
52200 Langres
Tél. : (0)3 25 87 67 67
www.tourisme-langres.com